ALBERTO SANTOS-DUMONT EST PEUT-ÊTRE LE VÉRITABLE ‘PÈRE DE L’AVIATION’

Saviez-vous que…

Alberto Santos-Dumont lors de son vol au parc Bagatelle en France, le 12 novembre 1906.

En tous les cas, les Brésiliens en sont convaincus. Pour eux, et plus particulièrement pour l’armée de l’air qui le vénère, il n’y aucun doute : Santos-Dumont fut le premier à voler en octobre 1906 sur un appareil capable de décoller du sol par ses propres moyens et de se diriger dans l’air et d’atterrir en toute sécurité. Le vol des frères Wright a eu lieu trois ans plus tôt en décembre 1903, mais par contre le décollage fut réalisé à l’aide d’une rampe de lancement.

L’exploit de Santos-Dumont (premier homme à posséder les trois brevets de pilote : ballon, dirigeable et aéroplane) eut lieu le 23 octobre 1906 dans le parc Bagatelle, près de Paris. Âgé de 33 ans ce jour-là, il réussit à décoller sur une soixante de mètres et à voler à environ deux mètres de hauteur, sous les yeux d’une foule admirative.

Son exploit fut réalisé à bord d’un biplan, le 14 bis, fabriqué à l’aide de bambou avec des articulations en aluminium et des voiles recouvertes de soie et équipé d’un moteur à essence qu’il avait lui-même fabriqué.

Le 12 novembre suivant, après avoir amélioré le 14 bis et au même endroit, il renouvela son exploit où il réalisa en 21 secondes et à la vitesse de 41 km/h un vol d’une distance de 220 mètres à un peu plus de six mètres de hauteur. Cette performance fut homologuée par la toute nouvelle Fédération aéronautique internationale comme étant le premier record du monde d’aviation. Par la suite, Santos-Dumont perfectionna son invention et les Parisiens le virent voler à plusieurs reprises dans la capitale à bord de son nouvel aéronef baptisé Demoiselle.

En 1909, âgé de seulement 36 ans, ce pionnier de l’aviation, qui était arrivé en France alors qu’il était adolescent, fatigué physiquement et mentalement (probablement les débuts de la sclérose en plaques), décida de regagner le Brésil et de considérer comme achevée sa carrière d’aviateur.

Lors de la Première Guerre mondiale, il fut victime d’une profonde dépression en apprenant qu’il souffrait de sclérose en plaques et que des avions étaient utilisés à des fins de destruction et de mort, lui qui avait vu en cette invention tant de potentiel pour le genre humain. Il revint en France en 1920 et, après un séjour de 10 ans, il regagna de nouveau le Brésil.

À l’occasion de la première conférence sur le désarmement (Genève 1932-1934) par la Société des Nations, il écrivit une lettre-manifeste virulente, s’élevant contre l’utilisation de l’aviation à des fins militaires : « Je n’ai jamais pensé que ma création puisse permettre à des frères de tuer des frères. » Malheureusement, cette même année, la vision des avions bombardant la population lors de la révolution constitutionnaliste au Brésil (juillet/octobre 1932) finit de le démoraliser. Il se suicida en se pendant dans une chambre du Grand Hôtel de Guarujà, le 23 juillet 1932, à l’âge de 59 ans. Triste fin pour ce grand de l’aviation qui avait trop misé sur une autre vision de l’aéronautique.

Le buste de Alberto Santos- Dumont près de l’ambassade brésilienne à Washington.

Le 23 octobre 1956, à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire du fameux vol du 14 bis à Bagatelle, le Brésil rendit un hommage grandiose à Rio de Janeiro à celui qu’il considère comme étant toujours le véritable « père de l’aviation ».

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