POURQUOI LE BALLOON FIESTA D’ALBUQUERQUE EST-IL SI IMPRESSIONNANT?

Le Balloon Fiesta d’Albuquerque est un incontournable du ballon pour une multitude de raisons. La première est probablement le dépaysement qu’il offre. Pour nous, Québécois, habitués aux couleurs nettes des verts des arbres, aux gazons luxuriants, aux champs de blé, de maïs, de soya et de luzerne ondoyants dans la brise ou couverts de rosée, aux cours d’eau impressionnants… nous devenons déstabilisés devant cette étendue plutôt désertique où prédominent l’ocre et le beige, la pierraille et les cactus! Et que dire de l’envergure de la montagne qui surplombe la ville avec ses 5000 pieds d’altitude?  Le mont Saint-Grégoire fait figure de butte!  

La foule autour des ballons
La foule autour des ballons.

Mais sur ce fond de beige, les couleurs des ballons n’en ressortent que plus vivantes. Cette année, ils étaient 580 ballons aux couleurs vives à s’enregistrer auprès de l’organisation qui espérait que, comme chaque année, seulement 550 se présentent… Il semble que nous étions plus près des 565 ballons à nous partager les cieux d’Albuquerque, entre le 1er et le 9 octobre dernier. Le thème du Fiesta de 2016, Desert Kaleidoscope, résumait donc bien l’impression que le festival laisse aux pilotes qui y participent. Des taches de couleurs sur un canevas de sable et de montagne. Chaque année a son thème différent et ces thèmes sont choisis par le public qui s’approprie ainsi le festival et y participe en grand nombre.

Et le nombre de visiteurs est impressionnant! Après seulement six jours de Fiesta, les organisateurs estimaient à plus de 950 000 le nombre de spectateurs ayant assisté, sur le site, aux envolées et nuits magiques. Et ne cherchez pas les manèges ou les spectacles, car le ballon est au cœur de l’événement. Les quelques animations présentées ont pour but de faire connaître les gens, les jeunes ainsi que la culture de la région et des personnes qui y vivent. Des danses autochtones dans le but d’éduquer les visiteurs sur les différentes communautés vivant dans les réserves sillonnant le Nouveau-Mexique, des prestations hip-hop, de flamenco ou de ballet des écoles de danse locales et même quelques prestations musicales de soldats de la base militaire. D’autres activités ont pour objectif d’amasser des fonds pour des causes régionales, comme les sculpteurs utilisant les scies mécaniques qui performent dans le but d’amasser des fonds pour la fondation des pompiers d’Albuquerque.

Association Montgolfière

Mais les visiteurs ne viennent que pour une seule et unique raison : voir les ballons! Et ils sont gâtés : ils peuvent les approcher, ils peuvent les toucher, ils parlent aux pilotes, aux équipiers, aux zèbres. Ils arrivent à 5 h 30 sur le site avec leurs chaises, leurs couvertures, leur brouette remplie d’enfants endormis, leur déjeuner et ils attendent dans la fraîcheur de la fin de la nuit que les ballons de la « patrouille de l’aube » (Dawn Patrol) se préparent et s’envolent, et deviennent les « Pi-Ball » de l’ensemble des pilotes agglutinés au pied de la tour de briefing…

Car une autre belle initiative est celle des exposés avant vol (briefings) en plein air auxquels peuvent assister l’ensemble des pilotes certes, mais aussi les équipiers, zèbres et visiteurs du site. Le ballon est réellement au cœur du Fiesta, et cela se traduit par l’accessibilité du public à toutes les activités impliquant ballons et pilotes. Et même si la foule envahit le terrain et circule librement autour des ballons et des équipements, le respect qu’elle démontre aux pilotes et à leurs équipiers rend le tout convivial et sécuritaire. Les gens semblent conscients de la chance qu’ils ont d’être aussi près des ballons avec petits et grands.

La foule imposante respecte les équipements et ne marchera pas sur une bâche étendue sous un ballon. (Photo de Patrick Cloutier)

Au cours des neuf jours du Fiesta, nous sommes trois ballons à nous partager le même espace de travail. Nous devons donc développer de bonnes et courtoises relations avec nos voisins de carreau et avec ceux des carreaux voisins! Les 565 ballons ne décollent pas tous en même temps. Une première vague prend les airs pendant que la deuxième se prépare. Les ballons de ces vagues sont déterminés en fonction du numéro de bannière : une journée la première vague est paire, le vol suivant elle sera impaire.

Les questions de communication reviennent donc régulièrement dans les briefings du Fiesta qui présentent toujours le conseil de sécurité du jour, communément appelé « safety tip of the day » : communications avec le public, les équipiers de poursuite, avec les pilotes et, surtout, avec les officiels d’envolées (zèbres). On rappelle souvent aux pilotes de se reposer, aux équipiers de poursuite de respecter les règles de sécurité routière et à tous de respecter la propriété d’autrui. En plus de ces conseils du jour, le Fiesta organise différents séminaires sur diverses questions liées à la sécurité, et ce, tous les jours pour les pilotes et les équipiers.

Le Balloon Fiesta d’Albuquerque est impressionnant par le nombre de ballons qui y participent, certes, mais aussi par l’ambiance qui le caractérise. Un pilote sent qu’il participe à la reconnaissance du sport et à son avancement!

Montgolfière Albuquerque

Les belles histoires du Fiesta

Tous ceux qui ont participé un jour au Fiesta ont de belles histoires de vol technique à raconter, de « boîte » réussie, de vol complexe en situation congestionnée, d’atterrissage en ville… mais ils relateront aussi des histoires humaines touchantes. Certaines de ces belles histoires auront même mérité d’être entendues au briefing du matin, lors de la nomination de l’ambassadeur du jour. Mais pour certains participants québécois de 2016, l’histoire de Patrick et de la famille Chase fait partie de ces histoires touchantes à raconter. Alors qu’il était équipier de poursuite de Ray Chase pendant l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, il y a de cela 13 ans, Patrick avait effectué une nuit magique aux côtés de Ray qui lui avait laissé les commandes du brûleur. C’est à partir de ce moment précis que le rêve de devenir pilote est né. Et ce même rêve a mené Patrick à atteindre, le premier matin du Balloon Fiesta, une 600e heure de vol chargée d’une belle émotion de reconnaissance envers la famille Chase, envers sa famille et ses enfants, envers Marc, son entraîneur. Mais aussi envers Sébastien, décédé trop tôt et duquel il a repris, avec des collègues pilotes, dont Martin et Éric qui étaient du voyage à Albuquerque, la compagnie et les ballons qui ont fait un voyage au Nouveau-Mexique cet automne. Et pour bien boucler la boucle, Patrick a pris les commandes du même ballon qui a fait naître son rêve lors de la nuit magique du 1er octobre 2016, en compagnie de la famille Chase.

 

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