LE RECRUTEMENT À L’ÉTRANGER POUR PALLIER LA PÉNURIE DE MAIN-D’OEUVRE

 

PORTRAIT DE LA SITUATION

Si vous doutez encore qu’il y ait pénurie de main-d’œuvre en aérospatiale, voici quelques données importantes : Aéro Montréal estime que près de 30 000 travailleurs de l’industrie prendront leur retraite d’ici 2028, ce qui correspond à environ trois travailleurs sur quatre. Pendant ce temps, l’industrie est en croissance et, selon les chiffres du CAMAQ (Comité sectoriel de la main-d’œuvre en aérospatiale du Québec), le nombre d’emplois devrait passer de 42 000 en 2018 à plus de 46 000 en 2021.

Mais il n’y a pas que l’industrie aérospatiale qui soit en croissance, car celle du transport aérien au Québec l’est également. Le CAMAQ vient de publier une étude sur les besoins de main-d’œuvre de l’industrie du transport aérien au Québec, dont voici les grandes lignes :

De 2010 à 2018, le taux de croissance moyen du nombre d’emplois chez les transporteurs aériens au Québec a été de 7,9 % avec sept années de croissance et une seule année de recul en 2012. Ainsi, le nombre d’employés est passé d’un peu plus de 9 000 en 2010 à plus de 18 300 en 2018. Le CAMAQ affirme que selon cette tendance, « 19 802 nouveaux postes seront créés d’ici 2028, en plus des 7 953 employés nécessaires pour compenser le taux de roulement du secteur du transport aérien (3 %), soit un total de 27 755 postes à combler au cours des 10 prochaines années ». Près des deux tiers de ces emplois le sont pour du personnel d’entretien, dans les services connexes et administratifs. L’industrie du transport aérien est souvent en compétition avec celle de l’aérospatiale pour le recrutement de personnel spécialisé.

Aller chercher la relève là où elle se trouve

Pour répondre aux besoins des entreprises, les centres de formation auraient besoin d’augmenter le nombre d’étudiants. Mais avec le vieillissement de la population, les inscriptions sont plutôt à la baisse. C’est donc de manière toute naturelle que les entreprises et les centres de formation se tournent vers le recrutement à l’étranger. La présidente d’Aéro Montréal, Mme Suzanne Benoit, déclare ce qui suit : « Face à la rareté de main-d’œuvre à laquelle nous sommes confrontés en aérospatiale, nous mettons en place de nombreuses stratégies pour encourager nos jeunes à privilégier des carrières en aérospatiale. En collaboration avec Montréal International, nous sommes à l’origine d’une mission de recrutement organisée en France pour encourager les étudiants à choisir le Québec pour leurs carrières. En janvier et février dernier, un kiosque identifié « Je choisis Montréal » a été mis en place au Salon des formations et métiers de l’aérospatiale, au Bourget, et au Salon des métiers, à Lyon. Plusieurs établissements d’enseignement étaient présents au kiosque, dont le CFP des Moulins, l’ÉNA, l’ÉMAM et Polytechnique Montréal. »

En fait, la pénurie est d’une telle ampleur que c’est non seulement la survie de nos entreprises qui est en jeu, mais également la pérennité des programmes de formation spécialisée. Se tourner vers des pays comme la France où plus de 500 000 jeunes de moins de 25 ans sont toujours en chômage afin d’y recruter de nouveaux étudiants, ce n’est plus une question de choix, mais de survie.

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