MAIS OÙ SONT PASSÉS LES TECHNICIENS?

Il y a quelques années, plusieurs transporteurs aériens restructuraient leurs opérations et leurs services techniques. Certains organismes de maintenance ont fermé leurs portes et plusieurs techniciens ont perdu leur emploi. Bombardier annonçait en même temps des mises à pied massives, lançant un message très négatif sur les possibilités d’emploi en aéronautique. Que reste-t-il présentement de toute cette période d’incertitude?

En date du 30 septembre, on compte plus de 1500 emplois affichés sur le site aeroemploi.ca seulement, dont 250 dans le secteur de la maintenance. Dans la seule journée du 27 septembre, plus de 250 nouveaux postes sont apparus sur ce même site. Les employeurs s’arrachent littéralement la main-d’œuvre en ce moment et les prévisions sont d’autant plus alarmantes lorsque l’on pense à la quantité de travailleurs qui partiront bientôt à la retraite. De plus, les écoles techniques comme l’ÉNA et l’ÉMAM ont présentement beaucoup de difficulté à recruter de nouveaux étudiants.

Il est vrai que Bombardier a un impact immense au Québec sur l’aéronautique, mais il faut mettre les choses en perspective. Les annonces massives de pertes d’emplois dans le passé ont frappé l’imaginaire collectif et ont fait les manchettes. La récente attaque et cette première victoire de Boeing contre Bombardier créent encore une fois une image négative pour l’aéronautique au Québec. Mais les dizaines d’embauches effectuées chaque semaine par les centaines de fournisseurs et entrepreneurs reliés à Bombardier passent sous silence. Même les vagues d’embauche directement faite par l’avionneur ne font pas les nouvelles. Il est à peu près certain que la décision du gouvernement américain ne tiendra pas avec le temps et ce n’est qu’une question de temps avant que la CSeries ne soit vendue en Asie et ailleurs dans le monde.

L’aviation est un moyen de transport efficace et sécuritaire en augmentation constante depuis les dix dernières années. Cette augmentation apporte inévitablement plus d’heures de vol, donc plus de maintenance. Dans le secteur du transport aérien, il est vrai que la disparition d’Aveos en 2012 a fait très mal et a influencé les conditions de travail de milliers d’autres travailleurs. Plusieurs ont souffert, mais les choses se sont rééquilibrées depuis. De nouveaux joueurs sont apparus et la grande majorité des techniciens a eu la chance de se repositionner. AAR, qui vient d’acquérir Premier Aviation à Trois-Rivières, et Windsor auront bientôt besoin de 350 techniciens. Au moment d’écrire ces lignes, Bombardier à Montréal recherche présentement plus de 200 personnes. Air Canada en recherche 150 et plusieurs autres compagnies recherchent désespérément des techniciens en maintenance d’aéronefs et de composantes.

Pour ce qui est de l’aviation générale, incluant les compagnies faisant du taxi aérien, ce secteur a toujours souffert d’un manque de techniciens. Les salaires étant plus bas au départ avec des conditions moins avantageuses, il a toujours été plus difficile pour ces entreprises de trouver cette main-d’œuvre importante. Pourtant, le milieu est très stimulant, enrichissant et les salaires et les opportunités augmentent graduellement et rapidement avec l’expérience. Mais avec l’augmentation des besoins ainsi que la stagnation et même la diminution du nombre d’inscriptions à l’ÉNA, l’industrie souffre grandement d’un manque de techniciens. Présentement, tous les OMA de l’aéroport de Saint-Hubert, où l’ÉNA se trouve, sont à la recherche de techniciens. Le même phénomène se produit aussi pour les compagnies de Dorval et Québec, et ce, sans parler des OMA installés en régions, qui souffrent encore plus du manque de main-d’œuvre qualifiée.

L’aviation est un milieu de passion avec de belles opportunités de carrières à long terme et comporte des défis incroyables. Un jeune qui lève la tête dans les airs lorsqu’il voit passer un avion dans le ciel doit pouvoir penser qu’un jour, il pourrait faire partie de ce merveilleux monde. C’est à nous tous, gens du milieu, à en faire la promotion. Les besoins sont grands et la relève importante.

 

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