PRENDRE SOIN DE SON BALLON

Depuis l’arrivée des réseaux sociaux et d’Internet, nous avons vu passer des centaines de photos et de vidéos plus impressionnantes les unes que les autres de péripéties en vol, d’incidents fâcheux ou cocasses ou tout simplement d’équipement de ballon en action. Mais au-delà du fait divers et du divertissement, ces images et vidéos nous permettent de tirer quelques enseignements…

Certains pilotes se souviendront certainement d’images saisissantes, captées par une caméra GoPro en mars 2016, de la rupture du support d’un brûleur double Sirocco distribué par Cameron lors d’un atterrissage pendant un vol hivernal en France (photo 1). La caméra avait saisi l’image d’un brûleur se détachant de son cadre et atterrissant sur les passagers et le pilote abasourdis. Une rupture des soudures du support semble être à l’origine de la chute du brûleur (photo 2).

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Rupture du support à l’atterrissage.

Pourtant, le brûleur et son cadre, qui cumulaient environ 800 heures de vol, avaient été inspectés quelques semaines avant l’incident et rien d’anormal n’avait été détecté. Quelques jours plus tard, Cameron UK émettait un bulletin de service destiné aux propriétaires de double brûleur Sirocco et aux techniciens en évaluation d’aéronefs (TEA) qui auraient à les inspecter, annonçant que le support devait être remplacé. Si vous êtes en possession d’un double brûleur Sirocco Cameron, assurez-vous que votre TEA procède au changement du support en fonction du bulletin de service suivant :

http://www.cameronballoons.co.uk/uploads/Approved%20Modifications/Support%20Files/Service%20Bulletins%20-%20All%20Types/SB24_0_Signed.pdf

Mais que nous disait aussi ce bulletin? Qu’un autre incident impliquant la rupture d’un support de double brûleur Sirocco avait été répertorié sur un brûleur qui était transporté continuellement monté sur son cadre. Le poids constant qu’exerce un brûleur sur son support lorsqu’il demeure monté sur le cadre lors du transport et la vibration transmise par le véhicule au cadre ont eu raison des soudures. Afin de tenir compte de ces méthodes de transport de brûleurs montés sur leur cadre, Cameron avait alors ajusté les soudures de ses brûleurs fabriqués à compter de 2012 afin qu’elles soient renforcées et plus visibles à l’inspection. Mais il n’en demeure pas moins que c’est d’abord et avant tout le soin que nous portons à nos équipements qui a la plus grande incidence sur leur longévité.

Malgré que cette méthode de transport comporte un net avantage de rapidité de préparation avant vol et de récupération (photo 3), elle a pour principaux inconvénients de créer des stress importants aux équipements : stress sur les soudures du support du brûleur, usure prématurée des montants de nylon par frottement constant, élongation des trous de goupilles rattachant le cadre à la nacelle (ballon de type Aerostar), élongation des œillets d’insertion des mousquetons et stress aux mousquetons. Et que dire du risque que le brûleur frappe une branche basse ou, pire encore, le portail d’un hôtel.

Regardons donc quelques pratiques que nous avons qui peuvent justement avoir une influence sur la durée de vie de nos équipements.

Le fameux « splash and dash »

Nous avons tous rêvé ou tenté de survoler, voire de toucher, la surface de l’eau avec notre ballon. Survoler, ça va… mais s’abîmer dans les flots, c’est une autre histoire! Même si le rotin avec lequel sont fabriquées les nacelles tolère et aime une certaine humidité, rien n’est moins sûr pour un plancher de bois de type Plywood. Plancher de bois et rotin peuvent très bien résister aux décollages et atterrissages répétés en condition de rosée qui les humidifient de façon superficielle, mais une immersion complète du fond de la nacelle dans un plan d’eau implique une humidité résiduelle qui peut durer assez longtemps pour causer la pourriture des patins et du plancher de bois et du rotin. Une immersion peut aussi avoir des effets négatifs sur les éléments de cuir protégeant le bas de la nacelle, qui pourraient perdre leur élasticité.

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Transport cadre et brûleur monté

On attache solidement et on remplit nos réservoirs

Nos réservoirs de propane nécessitent quelques soins importants pour en assurer la longévité. Ils doivent être attachés solidement pendant le transport. Les réservoirs installés de façon adéquate dans une nacelle sont protégés par la nacelle elle-même. Les réservoirs supplémentaires restant dans la remorque ne doivent pas pouvoir bouger pendant le transport, car une simple bosse peut impliquer la disqualification du réservoir à l’inspection. Une petite bosse devient dispendieuse lorsqu’on songe au prix de remplacement d’un réservoir…

Et mieux vaut remplir convenablement un réservoir, et ce, dès que possible après un vol. Le tube plongeur et la jauge tolèrent mieux la vibration du transport lorsqu’ils sont dans le propane liquide. Le transport à vide crée un stress important pouvant amener la rupture du tube plongeur qui peut tomber au fond de la bouteille.

Et l’enveloppe?

Les pilotes le savent, l’humidité est le pire ennemi de nos enveloppes. La moisissure diminue les performances du tissu qui, lorsqu’il en est affecté, doit souvent être remplacé. Lors de vols matinaux avec présence de rosée au sol, plusieurs pilotes prévoient mettre des bâches afin d’éviter de mouiller leur enveloppe et y déposent même la poche contenant celle-ci. Certains attendront l’arrivée de l’équipe de poursuite et des bâches avant de dégonfler leur ballon pour le préserver de l’humidité. On peut faire sécher une enveloppe mouillée par un gonflement à froid et lors du transport dans la remorque. On placera la poche à l’envers, permettant ainsi au fond de celle-ci de bien sécher.

N’hésitez pas à nous écrire en vous rendant sur le site de l’AMQ www.associationmontgolfiere.com pour nous informer de vos trucs et astuces pour préserver vos équipements!

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