RICHMOND, VIRGINIE

J’hésitais depuis un certain nombre d’années à vraiment m’arrêter pour un court séjour d’escale à Richmond pour tout autre motif que dédouaner en route vers le Sud. Mais voilà que cette année, après des demandes de lecteurs concernant la route idéale vers le Sud, j’ai décidé de m’y arrêter un moment pour l’explorer pour vous.

Avec le temps froid qui sévit plus tôt cette année, le désir de nous envoler vers le Sud pour quelques semaines refait surface… Comme le parcours pour s’y rendre est appréciable, il est donc nécessaire de l’effectuer avec une ou deux escales.

Route suggérée sur ForeFlight de Montréal à Richmond

Dans la mesure du possible, prévoyez votre départ un samedi ou un dimanche. La raison : il y a beaucoup moins de trafic aérien dans les régions de contrôle les plus achalandées, usuellement de New York et de Baltimore; de ce fait, vous obtiendrez probablement un trajet des plus directs vers la destination planifiée. Idéalement ce vol sera fait en régime IFR, car par temps froid et hivernal, le sommet des nuages se retrouve généralement vers les 8 000 pieds, avec des bases oscillant entre 4 000 et 7 000 pieds. J’ai effectué toutefois le parcours à trois reprises en VFR, mais j’ai évidemment eu moins de latitude pour le choix de mon jour de départ et de mon altitude de croisière.

De plus, lorsque vous le pouvez, planifiez de partir le lendemain d’importantes chutes de neige. En effet, l’anticyclone qui suit généralement le passage d’une dépression nous apporte de forts vents du nord-ouest au sol, lesquels en altitude deviennent nord-nord-ouest. Par expérience, j’ai souvent ainsi récolté du 350 degrés à 45 nœuds et plus de Montréal jusqu’en Virginie. Pas négligeable, vous en conviendrez!

Au fil des années, après avoir tracé différentes routes, je suis d’opinion que la meilleure route et la meilleure alternative consistent à effectuer une première escale (et dédouaner en même temps) à Richmond, en Virginie, soit un peu au sud-est de Washington. L’aéroport (KRIC) est bien à l’écart de la TFR, donc pas de souci. Et cela vaut autant pour l’aller que pour le retour.

Ce parcours (voir photo) peut sembler long, mais il est des plus directs et, une fois l’altitude de croisière atteinte, il permet de transiter efficacement vers la région relativement tempérée de la Virginie. Comme c’est agréable de voir la neige disparaître en approchant de la baie de Chesapeake… Le tracé que je vous propose dans cet article vous prendra entre 3 et 4 heures, dépendamment des vents et de l’appareil utilisé. Quatre sous-segments le composent : Montréal-Albany, Albany-Philadelphie, New York-Patuxent et finalement Patuxent-Richmond.

Le premier est potentiellement le plus problématique, je précise « potentiellement » advenant une panne ou autre situation requérant un atterrissage de précaution, car il s’effectue principalement au-dessus des montagnes, avec très peu d’aéroports accessibles en cas d’urgence. Il convient donc de se préparer en conséquence avec un minimum d’équipement de survie, au cas… Par la suite, le terrain devient beaucoup plus plat et le nombre d’aéroports augmente au fur et à mesure que l’on progresse vers le Sud sur notre route.

En finale, piste 34 à Richmond.

KRIC dispose de trois pistes de dimensions respectables et d’approches ILS et LNAV. J’utilise généralement le FBO Million Air, où le service est très courtois et efficace. Il y a également un centre de maintenance Cirrus sur les lieux. Il peut s’avérer pratique, peu importe votre appareil. Une recommandation importante : le service des douanes est allégé durant les week-ends; il faut donc impérativement vous assurer de téléphoner le vendredi en après-midi, au plus tard, pour les informer de votre arrivée. Très important : vous pourrez rencontrer les douaniers à l’un ou l’autre des deux FBO sur le site en leur précisant au téléphone lequel vous entendez utiliser. On les rejoint au 1 804 347-7453.

 

Un peu d’histoire…

Richmond doit son existence à l’explorateur britannique John Smith, qui y établit un avant-poste au pied des chutes, sur la rivière James, vers 1607, soit peu de temps après la fondation de la ville de Jamestown. Le fort Charles y fut éventuellement construit et il consolida la présence des Anglais sur le territoire. Plus tard, Richmond remplaça Williamsburg comme capitale de l’État de Virginie et, par la suite, au cours de la guerre de Sécession, la ville devint le chef-lieu des Confédérés, jusqu’à son siège par le général unioniste Ulysse S. Grant en avril 1863. Par la suite, la ville prospéra en partie par l’activité de ses fonderies d’acier et de la culture du tabac.

Statue de Georges Washington
Édifice de l’État
Capitole de Virginie

Quoi y voir?

A priori, j’ai été séduit par l’architecture hétéroclite de l’endroit et l’ambiance, voire le décor néo-post-moderne, style carrefour autoroutier érigé au-dessus d’un amalgame historique fondamental d’une balise historique même des États-Unis. Drôle d’énoncé, vous me direz? Mais voilà, c’est la perception que j’en ai eue.

Pour un court séjour, une demi-journée tout au plus (car il faut se rappeler qu’il s’agit d’une escale en route vers le Sud), il faut visiter les vieux quartiers longeant Canal Street, dont notamment celui de Shockoe, qui nous plonge dans une autre époque.

Il existe de nombreux bons restaurants, dont en particulier un qui mérite une visite, le pub Penny Lane, tout prêt de l’hôtel Delta où nous avons séjourné à très bon prix.

Penny Lane Pub
Penny Lane Pub

La suite…

Après cette escale, le vol s’est poursuivi en direction sud avec une pause essence à Allendale et un séjour-visite des plus agréables à St Petersburg, sur la côte ouest de la Floride.

Je vous en parle dans le prochain numéro. D’ici là, profitez des belles journées pour maintenir la forme… aérienne!

 

 

 

 

 

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