UN BIJOU TECHNOLOGIQUE QUI ENTAME SA NOUVELLE MISSION À L’ÉNA

Atterrissage de l’appareil à l’ÉNA, le 17 octobre 2018. (Crédit Sylvain Charleton-Guitteaud)

Au cours de la dernière année, l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) a vu sa flotte d’appareils et d’équipement s’enrichir de deux nouveaux outils pédagogiques majeurs : un avion A220 (anciennement appelé CS100) et un fuselage d’A220 d’Airbus.

L’avion a été accueilli par des centaines d’étudiants et de membres du personnel rassemblés sur le tarmac pour assister au dernier vol de l’appareil venu se poser à l’ÉNA, en octobre 2018. Première et seule école au monde à posséder un tel appareil, l’ÉNA se positionne encore davantage comme l’une des meilleures en aérospatiale. Avec ce 38aéronef qui s’ajoute à sa flotte statique, l’École compte 110 M$ en installations et équipements.

Combinant technologie de pointe et savoir-faire, l’A220 que possède l’ÉNA était le troisième véhicule d’essais en vol du programme. Fleuron québécois, il a cumulé environ 1400 heures de vol et a été utilisé principalement à des fins d’essais des circuits avioniques et électriques ainsi qu’à des fins de tests de niveau de bruit ambiant.

Arrivée de l’appareil à l’ÉNA, en octobre 2018, devant une foule d’étudiants et de membres du personnel. (Crédit Pierre Gillard)

Utiliser la technologie de pointe de l’aviation commerciale

Avion le plus innovateur de sa catégorie grâce à sa technologie et à ses matériaux de pointe, il permettra aux étudiants d’acquérir un ensemble plus vaste de compétences dans les domaines de l’avionique, de la maintenance et du génie aérospatial. Il constitue un apport pédagogique majeur pour la formation, tant au niveau du contenu des cours que des laboratoires pratiques, puisque les étudiants ont accès à la plus récente technologie utilisée en aviation commerciale.

Grâce à cet ajout, l’ÉNA pourra continuer d’offrir une formation de grande qualité répondant aux besoins de l’industrie aérospatiale qui nécessite une main-d’œuvre hautement qualifiée, avec 65000 emplois à combler d’ici 2028.

Entièrement numérique, le cockpit de l’A220 permet aux étudiants de tester le fonctionnement de la génération électrique. (crédit Célian Génier @montreal.planes)

 

 

Apport pédagogique majeur pour la relève québécoise

Au fil des derniers mois, les professeurs de l’ÉNA ont commencé à étudier les caractéristiques uniques de l’A220 afin de l’intégrer de la meilleure façon possible à leurs cours. Déjà, les étudiants des programmes de Techniques d’avionique et de Techniques de maintenance d’aéronefs effectuent plusieurs activités d’essais de fonctionnement du cockpit, qui est entièrement numérique.

En Techniques d’avionique, ils ont notamment la chance de tester les systèmes de radionavigation, de radiocommunication, l’équipement radar ainsi que le fonctionnement de la génération électrique. Un bon exemple d’innovation technologique que ces étudiants peuvent maintenant apprendre est le fonctionnement des disjoncteurs électroniques.

De la même façon, en Techniques de maintenance d’aéronefs, les futurs techniciens font des essais de fonctionnement des commandes de gouvernes de nouvelle génération (dites fly-by-wire). L’A220 est aussi utilisé pour mettre en pratique les notions acquises pour réaliser l’inspection prévol. Lors de cette inspection, le technicien vérifie une multitude de points pour s’assurer que l’appareil n’a aucun bris ou fuite et qu’il est prêt et conforme pour partir en vol.

Quant aux étudiants en Techniques de génie aérospatial, ils font l’observation de pièces et de sous-ensembles qui composent les interfaces avec les différents systèmes de l’appareil. À l’aide d’images et de photos, ils doivent repérer et identifier des pièces et composantes de l’avion pour en faire des croquis. Cet exercice leur permet d’assimiler différentes notions de représentations graphiques en créant des liens entre les dessins et les pièces réelles.

En plus de bonifier la formation des étudiants de l’enseignement régulier, l’appareil sert aussi à former des travailleurs de l’industrie qui doivent acquérir de nouvelles compétences. En effet, grâce à différentes activités de formation continue offertes par l’ÉNA, certaines compagnies aériennes ont pu former leurs employés avant l’arrivée prochaine d’appareils A220 au sein de leur flotte, un atout de taille dans ce secteur hautement compétitif.

Nouvelles possibilités de formation

Quant au fuselage A220 d’Airbus, arrivé à l’ÉNA au cours de l’été, de nouvelles possibilités de formation pourraient voir le jour, que ce soit au niveau de la conception, de la finition ou de l’entretien d’intérieur d’un avion, par exemple.

Avant d’arriver à l’ÉNA, l’appareil a été utilisé principalement à des fins d’essais des circuits avioniques et électriques. (crédit Sylvain Charleton-Guitteaud)

Réplique grandeur nature de la cabine des passagers de l’Airbus220-100, l’intérieur du fuselage est pratiquement identique aux aéronefs du même modèle actuellement utilisés dans le monde. Reproduisant l’environnement réel de l’appareil, cette nouvelle acquisition offrira des conditions idéales pour mettre en pratique de nouveaux apprentissages, tant à la formation continue qu’à l’enseignement régulier.

Visite de l’A220 et de toutes les installations de l’ÉNA

Plus grande école du genre en Amérique du Nord, l’ÉNA est la seule au Québec à former des techniciens en aéronautique. Avec ses installations impressionnantes, ses 38 aéronefs et ses six hangars, l’ÉNA est un joyau québécois à découvrir. Le grand public est d’ailleurs invité à visiter l’A220 et toutes les installations de l’ÉNA à l’occasion de la prochaine journée portes ouvertes de l’École, 16 février 2020. Infos : ena.cegepmontpetit.ca

 

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